COP 18 & CMP 8 Qatar
Qatar

Doha
du 26/11 au 8/12/2012
La COP 18 s'est tenue à Doha, au Qatar, du 26 novembre au 8 décembre 2012.
C'était une conférence charnière, souvent perçue comme "technique", mais qui a dû trancher une question de vie ou de mort pour le droit international : que fait-on le 31 décembre 2012, date de fin officielle du Protocole de Kyoto ?
Les enjeux majeurs de Doha (2012)
1. L'amendement de Doha (Kyoto II)
C'est la décision principale. Les pays ont adopté une extension du Protocole de Kyoto (la "Période d'engagement 2") jusqu'en 2020.
Le bémol : Plusieurs pays majeurs (Russie, Japon, Canada) se sont retirés. Au final, cette extension ne concernait plus que l'Union européenne, l'Australie et quelques autres pays, représentant à peine 15% des émissions mondiales.
2. Le concept de "Pertes et Préjudices" (Loss and Damage)
C'est à Doha que ce sujet explosif a vraiment pris racine.
Les pays les plus pauvres ont réussi à faire reconnaître que l'adaptation ne suffisait plus.
Ils ont demandé (et obtenu le début d'un cadre de discussion) que les pays riches paient pour les dégâts irréparables déjà causés par le climat (ouragans, montée des eaux). À l'époque, les pays développés étaient très réticents, craignant des poursuites juridiques.
3. La transition vers l'Accord de Paris
Durban (2011) avait promis un nouvel accord pour 2015. Doha a servi à mettre en place les "rails" de cette négociation. On a commencé à parler de la manière dont chaque pays allait devoir annoncer ses propres objectifs de réduction (ce qui deviendra les contributions nationales ou NDC).
Ce qu'il faut retenir (Le bilan)
Point clé | Résultat |
Surnom | La COP de la "survie du Protocole". |
Avancée majeure | Reconnaissance officielle du principe des "Pertes et Préjudices". |
Critique | Organisée dans un pays (le Qatar) ayant l'une des empreintes carbone par habitant les plus élevées au monde, ce qui a créé un malaise symbolique. |
Efficacité | Très faible sur les réductions d'émissions réelles, mais cruciale pour maintenir le cadre légal de l'ONU. |
Doha est sans doute l'une des COP les plus "frustrantes" pour quelqu'un qui cherche du feedback et du concret.
Pendant que les diplomates se félicitaient d'avoir sauvé Kyoto sur le papier, 2012 a été l'une des années les plus chaudes jamais enregistrées à l'époque.
C'est là que le divorce entre le "temps diplomatique" (très lent, tourné vers 2015 ou 2020) et le "temps citoyen" (l'urgence immédiate) est devenu flagrant.
A Doha, on a l'impression que le système s'auto-alimente. On crée des comités pour discuter de la création d'autres comités, sans jamais demander au "citoyen lambda" s'il voit un changement dans sa vie quotidienne.

