COP 23, CMP 13 & CMA 1-2 Fidji
Fidji

Bonn (Allemagne)
du 6/11 au 17/11/2017
On change d'ambiance avec la COP 23, qui s'est déroulée du 6 au 17 novembre 2017. Son organisation était inédite : elle était présidée par les Fidji, mais pour des raisons logistiques (accueillir 20 000 personnes sur une petite île étant complexe), elle s'est tenue à Bonn, en Allemagne.
C’est la première fois qu’un petit État insulaire, en première ligne face à la montée des eaux, prenait les commandes.
Les enjeux majeurs de Bonn / Fidji (2017)
1. Le "Dialogue de Talanoa"
C’est la grande innovation de cette COP. Le "Talanoa" est une forme de dialogue traditionnel du Pacifique qui vise à partager des histoires, instaurer la confiance et prendre des décisions pour le bien commun, sans pointer du doigt.
L'objectif : Sortir du langage technocratique froid pour répondre à trois questions simples : Où en sommes-nous ? Où voulons-nous aller ? Comment y parvenons-nous ?
2. L'Alliance "Sortir du charbon" (Powering Past Coal Alliance)
Lancée par le Royaume-Uni et le Canada, cette coalition a marqué le début d'un mouvement diplomatique visant à fixer une date de fin définitive pour l'utilisation du charbon. C'était une manière de contourner le silence de l'administration Trump sur le sujet.
3. Le Plan d'action pour le genre (Gender Action Plan)
Pour la première fois, une COP a adopté un plan concret pour intégrer les femmes dans les décisions climatiques. On a reconnu que les femmes sont souvent les premières victimes des dérèglements (notamment dans l'agriculture au Sud) et qu'elles doivent être des actrices du changement.
4. La Plateforme des communautés locales et des peuples autochtones
C’est un point qui devrait t’intéresser : la COP 23 a enfin donné une voix officielle aux peuples autochtones pour qu'ils partagent leurs savoirs traditionnels en matière de protection de la nature.
Ce qu'il faut retenir (Le bilan)
Point clé | Résultat |
Surnom | La COP du "Talanoa" (le dialogue humain). |
Ambiance | Très contrastée : les décors polynésiens des Fidji au milieu du gris automnal de l'Allemagne. |
Avancée | Une meilleure inclusion des enjeux humains et des savoirs ancestraux. |
Point faible | Peu de progrès sur l'argent : la question du financement de l'adaptation est restée bloquée. |
À Bonn, on a essayé de "remettre de l'humain" avec le dialogue de Talanoa. Sur le papier, c'était l'occasion idéale pour écouter le feedback des citoyens. Mais dans les faits :
Le dialogue est resté très encadré par les institutions.
Les récits de vie des citoyens lambda ont été utilisés comme des "témoignages émouvants" mais n'ont pas vraiment modifié les trajectoires économiques des grands pays pollueurs.
À la COP 23, les petits États insulaires ont raconté leur détresse (leur feedback sur la réalité du climat), tout le monde a applaudi... mais les engagements financiers n'ont pas suivi. C'est la différence entre écouter (le dialogue) et entendre (l'action).

